Le massage bien être : un espace de développement de la conscience

LE MASSAGE BIEN-ETRE : UN ESPACE DE DEVELOPPEMENT DE LA CONSCIENCE.


C’est parce qu’il est profondément humain que le massage Bien-Être étend son influence au delà
de la dimension mécanique. Occulter l’interaction des deux personnes en présence – le
praticien et le client – et leurs facultés respectives de penser, de sentir, de se projeter,
d’imaginer, de se rétracter comme de s’ouvrir à l’autre, c’est limiter et réduire l’humanité
présente en chacun de nous. La qualité et l’ampleur de la réponse d’un massage Bien-Être
dépend de la prise en compte, de la mise en conscience des états existentiels présents. Si nous
posons le postulat que le corps est une expression du Soi, alors, à chaque toucher, c’est bien le
Soi qui est en relation avec le Soi du praticien. De fait, le toucher n’est plus un simple contact
mécanique mais bien une mise en mouvement de deux processus vivants et évolutifs.
Comment nier alors que le toucher est révélateur de qui nous sommes… et des modes de
communication, de compréhension, d’intégration du monde qui nous entoure. Il ne peut y
avoir qu’une modification globale, entière, indivisible à chaque toucher. Évoquer seulement la
facette physique, énergétique, psychique ou émotionnelle comme objectif ou comme résultat
c’est méconnaître le mouvement même de la vie. Bien sûr, le massage Bien-Être peut
réconforter, soutenir, rompre des attaches, éliminer des toxines – et pas seulement organiques
– réorienter les programmations neuromusculaires et la liste est longue… C’est à chaque fois
cela et pas que cela !…
Rien n’est à exclure, tout est à inclure. L’effet du massage Bien-Être n’est pas fragmentable.
L’entièreté du corps est sollicité ; la globalité corporelle en reçoit les conséquences. Le
Massage Bien-Être n’est pas seulement un support, une passerelle un peu floue entre deux
mondes, entre deux univers – le praticien et le client. C’est un espace investit par les deux
protagonistes et il est « en lui-même » l’expression d’un Soi en mouvement, crée par et pour
l’occasion.
Le toucher est-il un espace au service du développement de la conscience ? Dans ce cas, le
massage Bien-Être s’adresse à la personne telle qu’elle est et non pas telle qu’elle devrait
être… Cela implique pour le praticien un toucher hors intention, sans référence à une
« normalité ». C’est la seule façon pour lui de considérer « le corps-client » comme une
personne et non comme un objet à modeler, à orienter, à guérir… Cela revient à dire que c’est
l’expérience du client qui est touchée, là où il en est, là où il est. Le Massage Bien-Être,
miroir de l’âme ? Oui, certainement, miroir et espace d’accomplissement de la conscience…
C’est ici qu’intervient l’expression profonde du besoin de l’Être (1), ce besoin qui jaillit sans
être parasité par le normatif du psychisme. Lorsque le besoin est verbalisé, il est accompagné
par une autre manifestation du Soi, l’émotion. Ce besoin exprimé est une information du
processus corporel à l’instant donné. Ce besoin est aussi un paramètre extrêmement important
sur la nature du toucher souhaité par le corps, l’Etre lui-même.
L’expression de ce besoin fondamental de l’Etre agit sur la subtilité du toucher. Le praticien
devenant alors accompagnant n’aura de cesse, tout au long du massage, d’être présent, de
revenir en permanence au besoin, comme un mantra, une prière répétée inlassablement. Cette
« présence au besoin de l’Être » revient à poser un cadre, une attitude, un positionnement
intérieur et LA EST LE VÉRITABLE SUPPORT à toute évolution profonde, transformatrice
et transcendantale.
Ce processus questionne inévitablement l’accompagnant en Massage Bien-Être. Sa façon
d’envisager sa pratique passe par la remise en cause bien souvent de sa motivation première
qui est de « faire quelque chose pour son client ». Soudainement, il lui est proposé de ne plus
placer son désir « de faire du bien » en première ligne, d’écarter toute focalisation sur un
symptôme (tension, courbature, mal-être, etc…), d’éviter toute tentative de prise de pouvoir
sur le client en lui faisant croire « qu’il peut faire quelque chose pour lui ». Ce n’est plus la
technique pour la technique qui importe. Pour qu’un massage Bien-Être devienne un
accompagnement par l’Art du Toucher, il faut que celui-ci soit relié au besoin fondamental de
l’Être exprimé par le client lui-même, et en lien avec l’ici et maintenant. Ce besoin
fondamental, qu’il soit de nature réparatrice, ou de complétude, de compassion, engendre de
la frustration, de la douleur, des tensions supplémentaires à terme si l’accompagnant n’est pas
en mesure de répondre, par sa présence, par sa capacité à créer un espace d’évolution et de
transformation à ce moment-là. C’est la qualité du positionnement intérieur, la présence, la
non-intention de l’accompagnant qui permet au mouvement de vie du client de franchir ce qui
ne semblait pas possible auparavant.
C’est ce positionnement de l’accompagnant qui permet, encourage, facilite, ce qui se trouve à
l’intérieur de la personne, de se déplacer et de croître. Pour le client, cela s’incarne ensuite,
dans la vie de tous les jours, par une nouvelle façon d’agir, plus complète, plus entière, plus
significative. S’amplifie la facilité de faire face au monde, de s’inscrire plus harmonieusement
dans les mouvements de vie qui l’environne, d’exprimer sans crainte sa véritable nature, de
protéger son intégrité, de trouver du réconfort juste sans dépendance. Nous accréditons ainsi
le fait que le massage Bien-Être, dans sa dimension accompagnatrice, agit sur la capacité du
client à intervenir sur son environnement, à renforcer sa facilité à donner du sens à sa vie, à
élargir sa vision de ce qui l’environne, à déterminer ce qui est de l’ordre de l’équilibre, la
santé du comportement.
Le massage Bien-Être fait grandir car il autorise et soutient l’assouvissement des besoins
fondamentaux et archaïques de l’Être humain. Lorsque ceux-ci s’apaisent, lorsque la soif
d’agir sur son environnement est étanchée, lorsque la prise de pouvoir sur les autres est
rassasiée, lorsque le désir manipulatoire de la personne s’éteint, tout devient alors plus
flexible, dans ses ressentis comme dans sa musculature, sa corporalité. Plus rien ne sera
comme avant… Exit la confrontation stérile, l’opposition pure et dure au monde qui l’entoure.
Le changement se percevra dans sa façon de tendre les bras, de se déplacer, de se déployer, de
modifier sa position pour s’orienter vers ce qui est juste et bon.
Le Bien-Etre se crée au travers du contact, de l’expérience tactile du monde qui nous
environne. C’est ainsi que lorsque nous sommes touchés, massés, accompagnés, nous ne
faisons que prendre conscience de nous-même. Chaque mouvement renvoie la personne à une
perception d’elle-même. Lorsque le Soi se renforce, s’agrandit, explore de nouveaux espaces,
s’ouvre à une expansion, le ressenti profond, vécu dans cet instant s’appelle : « Bien-Être »…
Nous rejoignons une pratique du toucher traditionnel, une approche holistique où tout est
relié, en interaction, et où la dimension intérieure est sans cesse sollicitée…
Roger DAULIN

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